
La prévention contre les violences sexuelles est un sujet qui préoccupe de nombreux parents. Le problème, c’est que la plupart d’entre eux ne savent pas comment s’y prendre : ils ne savent pas quoi dire, quels outils utiliser ni à quel moment le faire.
Ces questionnements sont normaux et sains, mais laissez moi vous dire une chose : la prévention contre les violences sexuelles ne commence pas nécessairement par une grande discussion solennelle. Elle commence à la maison, dans le quotidien, grâce à des habitudes répétées jour après jour.
Vous n’avez pas besoin d’être un.e expert.e, d’être formé.e et parfait.e pour protéger votre enfant et renforcer sa sécurité affective et relationnelle. Je vais vous parler de petites habitudes qui peuvent faire la différence et que vous pouvez mettre en place facilement.
Pourquoi le quotidien est un levier clé de prévention contre les violences sexuelles sur les enfants ?
Les études et l’expérience de terrain sont claires : les enfants qui disposent d’une base affective sécurisante sont plus à même de :
- reconnaître une situation inconfortable,
- poser des limites,
- demander de l’aide,
- verbaliser ce qu’ils vivent et ressentent.
Alors, la première chose qu’il est essentiel de comprendre, c’est que la prévention ne repose pas uniquement sur l’information, mais également sur la relation.
Voici 6 habitudes concrètes, accessibles à toutes les familles, pour renforcer cette base au quotidien.
1. Nommer régulièrement les émotions
Un enfant à qui on apprend à mettre des mots sur ses émotions, qui sait dire “je suis mal à l’aise avec cette personne”, “j’ai peur” ou “ça me gêne” a déjà une longueur d’avance sur les autres en matière de protection.
Je vous invite donc dès le plus jeune âge à prendre l’habitude de nommer les émotions de votre enfant (et les votres), à les accueillir sans les minimiser et à montrer que toutes les émotions ont le droit d’exister.
Il existe aujourd’hui de nombreux supports ludiques pour aider les enfants à verbaliser ce qu’ils ressentent. En voici quelques exemples que j’aime utiliser, mais la liste est loin d’être exhaustive !
- Livres : La couleur des émotions, Le loup qui apprivoisait ses émotions, Mon petit chien et moi
- La roue des émotions de Gaston
- Le doudou des émotions
2. Respecter le “non” de l’enfant
Le consentement est une notion qui s’apprend très tôt, biiiiiiiiien avant de parler de sexualité ! Ça va peut-être vous paraître évident (je l’espère), mais :
Quand un enfant dit non, c’est non.
Quand il n’a pas envie de faire un bisou ou un câlin, on ne lui en fait pas.
Quand il dit “stop” ou “arrête”, on arrête.
Le message essentiel à lui transmettre c’est que son corps lui appartient. Ses limites sont légitimes, il a le droit de s’exprimer, de s’opposer. Il s’agit d’un pilier fondamental de la prévention.

3. Installer des routines rassurantes
Les routines offrent bien plus que de l’organisation : elles créent un sentiment de sécurité. Un enfant qui sait à quoi s’attendre, qui connaît précisément le déroulement de ses journées et qui a quotidiennement des temps de discussion avec un adulte de confiance (même courts) est un enfant qui a plus de chance d’être sécure.
Cette sécurité affective lui permet notamment de développer une meilleure capacité de réaction face à une situation inquiétante.
Je vous recommande notamment Ma petite routine et Ma jolie semaine comme outils de repères concrets, ludiques et accessible aux enfants.
4. Multiplier les temps de qualité sans écran
Les moments partagés sont des portes d’entrée privilégiées vers le dialogue et les échanges. Il est bien plus facile des poser des questions ou de se confier pendant un jeu, une activité créative ou un temps calme que lorsque chacun passe son temps sur un écran. Ces temps permettent aussi à l’adulte d’observer son enfant, de l’écouter et de potentiellement sentir si quelque chose ne va pas.
Je sais bien qu’il est difficile aujourd’hui de pratiquer le “zéro écran” avec les enfants, mais faites au mieux pour limiter les temps d’écran et gardez en tête que les jeux et les activités sont souvent de puissants déclencheurs de discussion.
5. Dédramatiser les sujets sensibles
Parler du corps et de l’intimité ne devrait pas être associé à un tabou, à quelque chose de grave ou d’angoissant.
J’ai bien conscience que peu d’entre nous ont reçu une éducation affective, relationnelle et sexuelle complète. Mais si on veut protéger nos enfants, il faut faire l’effort de rendre ces sujets ordinaires et accessibles, de manière adaptée à l’âge de nos enfants.
Si le sujet est trop difficile à aborder à la maison, les enfants n’oseront pas poser de questions et iront chercher des réponses par eux-mêmes, auprès de leurs amis ou sur Internet. C’est malheureusement là qu’ils peuvent tomber sur du contenu douteux voire pornographique.
6. Montrer que l’adulte est une ressource fiable
Je finis par ce point, qui est l’un des plus important ! Votre enfant doit pouvoir identifier des adultes de confiance à qui il peut toujours s’adresser pour poser ses questions, se confier ou solliciter en cas de (petit ou grand) problème.
Il est donc essentiel que votre enfant sache que ses adultes de confiance sont disponibles pour lui, qu’il peut leur parler sans être jugé, même quand le sujet est compliqué.
N’hésitez pas également à répéter au quotidien : “Tu peux toujours me parler, quoi qu’il arrive.” Ce message, répété dans le temps, peut faire toute la différence !
Pour finir, je dirais que la prévention n’est pas une liste de règles à appliquer parfaitement, mais plutôt un chemin relationnel. J’espère vous avoir convaincu.e que vous pouvez, vous aussi, mettre tout un tas de choses en place pour être dans une véritable démarche de prévention.
Si jamais vous souhaitez recevoir des conseils plus personnalisé, vous pouvez bien sûr prendre une consultation avec moi 😉




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